| Gwenaël Dudek graphiste / illustratrice
freelance
Gwenaël Dudek a été diplômée de LISAA en 2000.
- Quelle est ta profession, actuellement ?
Je suis graphiste / illustratrice freelance. Je travaille sur
des identités visuelles de créateurs, artistes,
stylistes… Je m'occupe de leur communication, réalise
leurs affiches, leurs flyers, etc. Avec le temps, je me suis constitué
un réseau et je suis servie par ma réputation :
les clients viennent à moi et je n'ai jamais besoin de
démarcher.
- Quelles ont été les étapes de
ton cursus professionnel ?
Au départ, tout est né du hasard. Quand j'étais
étudiante à LISAA, je travaillais comme photographe
pour une agence événementielle. J'ai appris que
cette entreprise avait aussi un service communication. Une fois
diplômée, j'y suis entrée en stage puis j'ai
été engagée. J'ai alors travaillé
dans l'édition et la publicité sur la cible 15-24
ans, notamment pour UGC.
Puis la boîte a été rachetée par Publicis
et est devenue la filiale Publicis Network. J'ai alors été
licenciée mais Publicis a continué à faire
appel à moi comme freelance. En parallèle, j'aidais
une amie à gérer la communication d'un marché
de créateurs. Par ce biais j'ai rencontré beaucoup
de clients et ai abandonné progressivement Publicis.
- Quelles ont été tes expériences
professionnelles les plus marquantes ?
J'ai eu une grande période jet set. Carole Bouquet m'avait
commandé une affiche pour les lectures de textes de Saint
Augustin que montait Gérard Depardieu. Ils ont été
tous les deux très contents de mon travail. Ils m'ont ensuite
confié la création de l'identité visuelle
de leur restaurant : La fontaine Gaillon. Dans le même temps,
Didier Bourdon m'a confié la communication visuelle de
sa boîte de production.
- Quelles sont tes perspectives de carrière ?
Je suis passionnée par l'illustration pour enfants. Mais
pour le moment, j'ai trop de travail pour m'y consacrer et je
reste au stade des idées. J'espère m'y mettre sérieusement
bientôt.
- Lors de ton travail, comment articules tu ta créativité
et les contraintes professionnelles ?
De toutes façons, je me fais plaisir. Je démarre
sur une idée vague et, au fur et à mesure que le
projet se construit, j'intègre les contraintes. D'une certaine
manière, elles me permettent de cadrer mon travail. J'ai
un style plutôt frais et pétillant et comme je fais
beaucoup d'institutionnel, il me faut parfois faire des efforts.
Il arrive que des clients aient mauvais goût, choisissent
la facilité et me forcent à faire un travail dont
je ne suis pas contente. Cependant, j'arrive souvent à
faire passer mes idées.
- Quels conseils veux tu donner aux étudiants
et aux néo-diplômés de LISAA ?
Faites preuve d'humilité et ne vous lancez pas tout de
suite en freelance. Ces deux conseils n'en font qu'un. Attention
à la frime ! Quand vous sortez de LISAA, il vous manque
encore une bonne partie de la réalité du métier.
Il est important de faire un bon passage en agence afin de comprendre
le fonctionnement de la chaîne graphique.
On voit beaucoup trop de gens qui, sous prétexte qu'ils
ont un e-mac chez eux, se croient graphistes. Résultat,
ils prennent des contrats à prix cassé, qu'ils ne
parviennent pas à assurer. Cela leur fait du tort et dégrade
le marché. Être graphiste, c'est difficile : c'est
un travail d'artisan.
- Une chose à ajouter ?
Ce que je trouve merveilleux dans mon travail, c'est le contact
avec le client, la rencontre. On boit des cafés, on discute,
on crée des liens. C'est cela qui me motive à travailler
pour des personnes pour lesquelles je vais me donner du mal. Parce
que je veux leur apporter de belles images, de jolies choses.
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