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15.01.21
Graphisme / Motion
LISAA Paris Design graphique

Rencontre avec Gabriel Desplanque, enseignant et responsable pédagogique à LISAA Paris Design graphique

« Réinventer l’opéra », voici le défi qu'à choisi de relever Gabriel Desplanques en créant sa pièce « La révolte des Trois Grâces », produite par l'Opéra de Montpellier. Il y réinvente le quotidien de trois statues, en quête de libertés et de plaisirs inconnus. Parallèlement à son activité artistique, Gabriel enseigne depuis 12 ans à LISAA Paris Design graphique. En 2020, il devient responsable pédagogique et continue ainsi à encadrer et aider les étudiants à grandir et construire leur avenir professionnel. Entretien. 

La revanche des trois grâces - Gabriel Desplanque

Quelles études as-tu suivies ?

G.D : Je suis diplômé des Beaux-Arts de Paris (2006) et des Arts Décoratifs de Paris, section photographie/vidéo (2008). J’ai, par la suite, été diplômé du post-diplôme du Fresnoy, studio national des arts contemporains. Il s’agit d’une sorte d’école pour les artistes déjà en activité. L’idée de cette structure est d’accompagner une quinzaine d’artistes venus du monde entier et de financer leurs projets sur deux ans. 

Et professionnellement, quel est ton parcours ?

G.D : Mon activité artistique a toujours été au coeur de mon activité professionnelle. Dessin, photographie, musique, installation, film, je suis un touche à tout et choisi mes médiums en fonction des sujets que j’aborde. 

En 2018, je créais une installation pour deux projecteurs synchronisés et un montage sonore en quadriphonie « le bois » (collection du Centre National des Arts Plastiques) qui avait pour sujet la vie multiple et secrète du Bois de Boulogne. En 2019, je travaillais sur une sculpture sonore « les restes à l’enfant à la flûte de pan ». En 2020, j’écrivais et mettais en scène un opéra « La révolte des Trois Grâces » que je viens de montrer à l’Opéra de Montpellier en septembre. Mon activité est protéiforme et évolue en fonction des projets et de mes humeurs.

J’ai pris une année sabbatique en 2017 pour enseigner dans une université d’arts à Taïwan pendant un an et développer mon travail artistique en Asie. Je suis, depuis, représenté en Asie par la Galerie Liang dans laquelle j’ai pu montrer mon exposition monographique « Belief/Relief » en 2017.

Je fais également du graphisme ponctuellement dans un collectif pour mes propres projets et parfois pour les projets des autres.

Quel est ton rôle à LISAA ?

G.D : Parallèlement à cette activité artistique, je donne des cours à LISAA depuis bientôt 12 ans. J’enseigne au sein du Mastère Direction artistique numérique la vidéo et la photographie. Je suis également les projets plurimédias et les PFE (projets de fin d'étude) des étudiants en 5ème année. Depuis la rentrée 2020, je suis responsable pédagogique mais continue également à donner des cours et à faire du suivi de projet.

Qu’est-ce qui te plait à LISAA ?

G.D : En premier lieu, j’ai la chance de travailler dans un environnement bienveillant avec une équipe pédagogique compétente et sympathique. On oublie souvent que l’intérêt d’un travail est intimement lié au cadre dans lequel on l’exerce. 

Concernant l’enseignement, j’ai commencé à donner des cours à des masters relativement tôt (à l’âge de 27 ans), j’ai toujours su que l’enseignement occuperait une place importante dans ma vie professionnelle. Transmettre, débattre, échanger, douter, se tromper, re-tenter, le processus de réflexion et de déplacement est finalement assez proche de celui de ma propre pratique artistique. 

Ce qui est assez touchant dans le métier d'enseignant, c’est d’assister à l’évolution des étudiant.e.s. Ils/elles changent, se développent, s’ouvrent, grandissent, s’affirment et dessinent leur futur vie d’adulte. C’est assez beau d’assister à cela.

Et que fais-tu à côté de tout ça ?

G.D : J’avoue que j’ai du mal à m’arrêter de travailler (rires). Quand je vais dehors, c’est le plus souvent pour aller voir des expos, aller au cinéma ou voir des spectacles. Sinon, j’opte pour des diners entre amis, une bouteille et de la rigolade.

Peux-tu me parler plus en détail de ton actu « La révolte des trois grâces » ?

G.D : J’ai été lauréat d’un appel à candidature « réinventer l’opéra » organisé par ROF (Réunion des Opéras de France) à l’Opéra Garnier. Suite à cela, l’Opéra de Montpellier m’a proposé de produire mon spectacle, chose que j’ai bien entendu acceptée. J’ai écrit la pièce et l’ai mise en scène. Pour la musique, j’ai collaboré avec un compositeur de musique pop et une compositrice Taïwanaise de musique savante.

Je suis depuis résident pour trois ans à l’Opéra de Montpellier. Il est donc prévu que je fasse d’autres projets avec eux.

Comment as-tu été amené à créer cet opéra ? Quel(s) message(s) veux-tu faire passer à travers lui ?

G.D : J’avais déjà fait une pièce courte que j’avais montrée au Théâtre de la Ville dans le cadre de « Danse Elargie » en 2014 ; cette pièce s’appelait « J’ai bâti une maison sur trois octaves ».  

Dans « La Révolte des Trois Grâces », on suit trois statues, copies de mauvaise facture des Trois Grâces, qui s’ennuient sur un rond-point. Fatiguées d’être des muses passives, elles décident de s’émanciper et de conquérir le monde. Le récit de cet opéra parle donc de cela : leur quête de liberté et la découverte de plaisirs inconnus.

Quel serait le conseil que tu donnerais aux étudiants qui entrent à LISAA ?

G.D : Soyez curieux, observez, nourrissez vous, tentez, re-tentez, re-re-tentez et re-re-re-tentez… L’excitation et l’exploration de nouveaux territoires conceptuels et esthétiques sont pour moi les moteurs du geste créatif. Ce métier n’a d’intérêt (de mon point de vue) que s’il permet à celui/celle qui l’exerce de se déplacer, d’élargir ses horizons, de se laisser surprendre.

Projet suivi par
Gabriel Desplanque
Photographe / Réalisateur / Vidéographisme
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